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Théâtre Le Diamant

Québec (2018)

Client / Ex Machina

Programme / Culturel
Budget / 28 M $
Superficie / Non disponible
Crédits / Coarchitecture - Atelier In situ - Jacques Plante architecte -

              Tetra tech.inc ing

Photos / EXT - Diego Diaz 

              INT - Stephane Groleau 

Témoignages

«L’année dernière, je m’attendais d’être terriblement excité quand le grand jour allait arriver. Mais ça fait déjà un mois que nous sommes partis de la Caserne et que nous sommes installés, alors tous les jours ont été une source de ravissement et de découvertes. C’est dix fois, cent fois mieux que ce qu’on pensait. C’est rare qu’on puisse dire ça d’un projet parce qu’il y a toujours des coupures, des compromis. Malgré tout, ça demeure un lieu extraordinaire. C’est comparable à de grandes salles dans lesquelles j’ai joué un peu partout, par exemple à Athènes ou Barcelone. C’est un lieu absolument extraordinaire. De plus, tout l’aspect public est très beau, très élégant, très invitant.»

Robert Lepage.

Le théâtre Le Diamant est une occasion de régénérer l’espace public urbain et de formaliser une véritable place des spectacles, inscrite entre patrimoine et contemporanéité.

Trait d’union entre la Place d’Youville et la Place d’Aiguillon, la lanterne urbaine formée par les axes générateurs du Vieux-Québec sert l’appropriation créative et culturelle des concepteurs faisant rayonner le Québec à l’international.

 

Le Diamant deviendra un milieu de vie fertile, stimulant et inattendu, propice à la recherche, à la création et à la diffusion : un lieu d’innovation, de mémoire et de continuité.

Approche conceptuelle : un diamant à mettre en scène et en lumière

Entre la fragile façade patrimoniale Second Empire du YMCA (érigée en 1879) et l’immensité d’une nouvelle salle de spectacle polyvalente de 625 sièges, à la fine pointe de la technologie scénique, il fallait créer de l’espace afin de laisser vivre ces deux entités architecturales et fonctionnelles. La décision de trancher dans l’existant en diagonale assure la matérialisation sans compromis du nouveau théâtre. Un interstice triangulaire, inséré dans un volume minimal, permet aux deux entités, foyer et salle, d’exister pleinement et de contribuer mutuellement à leur appropriation respective par les spectateurs et l’équipe du Diamant. Cet interstice agit comme lieu de lumière, lieu de vie et lieu de dispersion des publics. Le déploiement d’un escalier de jonction invite à la promenade, du sous-sol à la terrasse donnant sur la place D’Youville, et incite aux explorations scénographiques.

L’approche urbaine : des parcours fondateurs inspirants

Cette diagonale est issue de l’analyse urbaine de la place D’Youville, érigée entre la basse-ville et le Vieux-Québec, près de la porte St-Jean. À cet endroit, l’angle des fortifications fait dévier la rue éponyme et crée un accident dans la trame de rues orthogonales. De l’autre côté de la place, la montée de la côte d’Abraham suit le même alignement que le mur de fortifications, obligeant le bâti à respecter cet accident dû à la falaise. La rencontre de ceux deux diagonales se fait derrière la façade du YMCA et crée un espace interstitiel traversant, définissant l’organisation des étages et la volumétrie du Diamant.

L’approche architecturale : trois lieux unifiés

Le YMCA fut amputé d’une baie dans les années 1950 pour l’entrée et le foyer d’un cinéma Art déco. Cette nouvelle brèche de verre, surmontée d’une marquise, accueille l’accès principal du Diamant. Combiné au volume de verre en toiture et au foyer multi-étagé qui se prolonge sur la rue des Glacis et qui définit une seconde entrée protégée, le prisme de lumière deviendra la signature identitaire du Diamant. Il permet une transition architectonique harmonieuse entre la délicate façade de pierre et de verre du YMCA et l’immense volume de métal de la cage de scène et du studio. Au rez-de-chaussée, il instaure un parcours en constantes transformations entre les deux zones de la place. Restaurée à l’authentique, la façade animée du YMCA contribuera à redynamiser la place et la rue. En toiture du YMCA, le prisme s’ouvre sur la terrasse aménagée qu’il protège partiellement, offrant au regard le paysage de Québec.

L’aménagement du projet : entre patrimoine et modernité

Au passage de l’escalier de jonction se déploient des artéfacts Art déco mis en scène et une paroi de verre qui laisse transparaître les divisions des anciennes pièces, dont on a réinterprété les moulures et boiseries. À l’opposé de l’interstice de lumière, le volume de béton de la salle contraste par son opacité, sa couleur et sa texture. Dans la salle, un décor scénographique ingénieux et transformable évoque la modénature de la façade du YMCA.